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« Créer pour donner un sens, c'est de rendre au visible son indissociable contrepartie d'invisible. »

 

 

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L'engagement envers l'objet: un design durable

 

Le tout a débuté par le questionnement fondamental de tout designer de produits dans le cadre de la pratique professionnelle, à créer pour une société en constant changement et à l'éperdument besoin d'innovation. Le tissu complexe relié à la pratique composé en autre du besoin et du plaisir de création du créateur, de la réalité économique, du penchant environnemental, des valeurs humaines, spirituelles, etc, rend difficile la prise de position éthique face à la profession . Ce positionnement est souvent ambivalent où requiert une évaluation profonde plus souvent qu'autrement impraticable dans notre rythme intransigeant.

Mon interrogation qui mena à la rédaction d'une évaluation de ce questionnement sous forme d'une thèse, est centré sur la «création durable», une nuance notable au «développement durable». Profitant d'une vague de popularité non sans nécessaire, le développement durable se veut une voie incontournable actuelle qui demande réforme à la source, soit en autre à la phase du développement de produits. Cependant, de nombreuses apparences peuvent rendre trompeuses le réel sens de la tendance au «vert» communément comprise par la majorité de la population. Par exemple, le simple fait que tout jetable soit classé comme «mauvais» pour l'opinion publique ou que le fait de recycler est une solution durable au sauvetage de l'humanité (correction à l'expression populaire concernant le sauvetage de la planète, qui n'est qu'illusoire car cette dernière y restera même si l'humanité disparaît). Une des façons de remplir cette demande du développement durable est de créer durable, et je dois tout de suite préciser que le terme durable ne signifie aucunement créer des objets qui dureront plus longtemps. En exemple, les sites d'enfouissements ont déjà nettement assez de frigos, d'ordinateurs, de mobilier en tout genre qui sont trop «matériellement durables». Ces derniers prendront des années à se décomposer, voir à ne jamais le faire.

Face à cette situation, ma réflexion recherche comment nous en tant que créateurs; i.e les designers de produits en tout genre, pouvons développer des méthodes pour valoriser notre culture des objets. Mon objectif est d'établir une brève ébauche de ce que graduellement nous devrons mettre en pratique pour y arriver, i.e l'élaboration d'une stratégie de changement reliée à tous les éléments qui entourent notre monde matériel.

La base de ma recherche prend source sur l'engagement que nous avons avec les objets. Si nous engageons plus et mieux avec les objets (durables ou non dans le temps qu'il soient), il résulte que ce qui importe n'est pas la matérialité propre de l'objet, mais plutôt le lien d'engagement reliant l'objet à l'usager. Cela s'explique en partie par le fait que nous transigeons tranquillement vers une ère d'immatérialité, notamment expliqué par la surabondance (quantité) des produits qui nous entourent, par la sollicitation omniprésente à les consommer et par la vitesse dont ils sont produits. D'un même oeil, cette tendance tient son cap grâce à l'évolution de la technologie qui tend naturellement à supprimer les barrières physiques (internet, satellites, etc). On remarque aussi que cette forte saturation matérielle et l'ascension des marchés technologiques est fortement relié au retour aux valeurs humaines, traditionnelles et spirituelles. Cette réévaluation du temps laisse donc place à de nouveaux designs qui graviteront autour de pôles.

L'engagement envers cette nouvelle piste de matérialité prend source dans la ou les valeurs que nous attribuons à l'objet. Aussi simples et complexes que ces valeurs puissent être, la compréhension et l'application de moyens pour intégrer ces dites valeurs au sein d'une méthode de création demeure selon moi la direction à suivre pour créer pour «le durable». Dans le cas échéant, heureusement est-il, les valeurs intégrées au processus de création et aux créations elles-mêmes, ne sont pas exhaustives, mais complètement ouvertes à être redéfinies. En exemple, la conscience environnementale, le jeu, le «storytelling», la culture, le mystère, l'esthétisme, la surprise, sont des valeurs pouvant être ciblées lors de la création.

Cependant, en remettant le concept d'immatérialité en avant plan, le fait d'utiliser les valeurs au centre du processus de création n'assure guère la réceptivité de celles-ci par l'usager. Cette étape devient incontrôlable par le créateur, mais toutefois le simple fait d'existence de ces valeurs et d'être considérées comme moteur de création, crée une nette amélioration de notre «culture matérielle» commune. Les résultats seront des produits en moindre quantité mais en meilleure qualité.

Le fait de mettre en plan les valeurs amène de nouvelles options de création de produits car le focus se décentre de la matérialité pour diriger son tir vers les relations. Ces relations traitées comme des liens actifs, font en sorte que le créateur traite des éléments vivants en action plutôt que des éléments inactifs en position de statu quo. Cette approche amenant à examiner les flux relationnels entre objets, usagers et créateurs, contribue subséquemment à créer de nouveaux systèmes de communication qui s'avèrent des plates-formes à l'innovation de produits. Ces produits sont conséquemment aptes à être reçus positivement car leurs fondements prennent directement source dans ce que l'Homme est, i.e un système de valeurs.

En plus, les objets sortis de ces systèmes se veulent des prétextes matériels, voir des éléments déclencheurs pour de nouvelles relations interpersonnelles.

Il est important de noter que cette approche ne tient pas à arrêter la consommation, mais plutôt à la rendre plus engageante.

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